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Édition Sud de l’Aisne

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DossierEscapade chez nos ancêtres

Dans nos contrées, la gastronomie est une histoire de terres, de saisons et de patience. Entre Dormans, Château-Thierry, Fère-en-Tardenois et Montmirail, les paysages racontent encore la vie rurale d’autrefois, lorsque chaque village possédait ses cultures, ses recettes et ses savoir-faire. Le plus ancien reste sans doute celui de la vigne. Dès le Moyen-Âge, les coteaux de la vallée de la Marne étaient cultivés par les moines des abbayes et les paysans.
À Château-Thierry comme à Dormans, les vins produits étaient expédiés vers Paris grâce à la Marne, véritable route commerciale naturelle. Bien avant le champagne moderne, on élaborait ici des vins tranquilles réputés dans les foires régionales.
Mais la fin du XIXe siècle marque un tournant brutal avec l’arrivée du phylloxéra. Cet insecte microscopique venu d’Amérique détruit progressivement les racines des vignes françaises. Comme tout le vignoble champenois, le sud de l’Aisne est touché. De nombreuses parcelles sont abandonnées et plusieurs familles quittent la viticulture. La reconstitution du vignoble ne sera possible qu’avec le greffage des cépages sur des porte-greffes américains résistants. Quelques décennies plus tard, la Première Guerre mondiale ravagera à son tour la vallée de la Marne. Autour de Condé en Brie ou encore de Fère en Tardenois, les moulins faisaient autrefois partie du paysage quotidien. Installés le long du Surmelin ou de petits cours d’eau du Tardenois, ils produisaient farine, huile de noix et parfois cidre fermier. Certains villages comptaient plusieurs moulins actifs jusqu’au XIXe siècle. La révolution industrielle et les grandes minoteries entraînèrent peu à peu leur disparition.
Les vergers occupaient également une place importante dans les fermes briardes autour de Montmirail.
Pommes, poires et prunes servaient à fabriquer confitures, compotes, vinaigres ou eaux-de-vie artisanales. Dans certaines familles, les fruits étaient encore séchés dans les greniers pour être consommés l’hiver. Ce savoir-faire s’est progressivement perdu avec l’exode rural et la disparition des petites exploitations familiales. Le sud de l’Aisne possédait aussi une tradition liée au miel et aux plantes sauvages. Dans les forêts du Tardenois, les habitants récoltaient champignons, tilleul et miel de forêt, tandis que le gibier occupait une place importante dans la cuisine locale.

SOMMAIRE • Journal N°17 - du 4 au 17 mai 2026

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