
Avec ses dimensions spectaculaires, la scolie des jardins (Megascolia maculata) est le plus grand hyménoptère de France et d’Europe. Son corps noir et velu est orné de quatre taches jaunes sur l’abdomen, parfois réunies en deux bandes. Les ailes sont légèrement enfumées et les pattes, entièrement noires, portent de nombreuses épines. Les femelles se distinguent par une large tête jaune, tandis que les mâles possèdent une tête noire, des antennes plus longues et sont dépourvus de dard.
Malgré son apparence impressionnante, cet insecte solitaire est inoffensif pour l’être humain. Le mâle ne peut pas piquer et la femelle n’utilise son dard que pour paralyser les larves de coléoptères qui serviront de nourriture à sa descendance. Très peu agressive, elle ne cherche jamais le contact avec l’homme et ne pique qu’en ultime recours lorsqu’elle se sent directement menacée. La confusion avec le frelon asiatique est fréquente. Pourtant, plusieurs détails permettent de les distinguer. La scolie est généralement plus grande, plus velue et présente ses taches jaunes au milieu de l’abdomen. Chez le frelon asiatique, la partie claire se situe à l’extrémité de l’abdomen et les pattes comportent des zones jaunes.
Une espèce discrète en déclin
La survie de la scolie dépend étroitement de celle de certains grands coléoptères, notamment le scarabée rhinocéros (Oryctes nasicornis). Les larves de ces insectes se développent dans le bois mort, les vieilles souches ou les matières végétales en décomposition. Or, ces milieux se raréfient avec la disparition des forêts anciennes et le nettoyage systématique des bois morts. Sensible aux pesticides, la scolie subit également les conséquences de l’appauvrissement de la biodiversité.
Principalement présente dans le sud de la France et en Afrique du Nord, elle peut toutefois remonter vers le nord lors d’épisodes de fortes chaleurs. Plusieurs observations ont ainsi été signalées dans notre région.
Inoffensive et utile à la pollinisation, la scolie des jardins ne nécessite aucune intervention lorsqu’elle est identifiée. Bien au contraire, sa présence constitue souvent le signe d’un environnement encore riche en biodiversité.


